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Poèmes d'Ossian: où comment la langue française s'en va puiser à la grande épopée celtique

Poèmes d'Ossian: où comment la langue française s'en va puiser à la grande épopée celtiqueby François-René de Chateaubriandpublie.net

Comme ce texte est singulier. Le monde celtique se découvre, et même, plutôt, il s'invente. Tout le monde britannique vibre aux poèmes que Mc Pherson a traduit du barde Ossian, tout droits venus du 2ème siècle.
L'épopée est majestueuse, à la fois cruelle et pensive. Elle est baignée d'amours sauvages, de vents et de mer. Les noms sont merveilleux, et le merveilleux lui-même pas bien loin, avec tout l'espace des légendes auprès.
D'autres complèteront la redécouverte de McPherson, dont un certain John Smith. En France, c'est la révolution. On a besoin de prose épique. C'est un livre qui m'est cher, an VII de la République, que ces premières traductions – longs poèmes en prose – de McPherson.
Et Chateaubriand... Il a vingt ans, il est exilé à Londres. Son oeuvre est à venir, avec le voyage d'Amérique qui sera si décisif. Il aura donc manqué une occasion, l'épopée d'Ossian étant déjà célèbre, et traduite ?
C'est faire bon prix de son génie à lui. Il prend John Smith, et voyez sa préface : l'important, c'est ce dont on rêve, quand on lit Ossian. Ce sont les images qui nous traversent, et les espoirs, et les sensations. Alors, on a légitimement le droit de s'approprier Ossian, de le réécrire. De fabriquer notre légende en prose.
Et ce d'autant plus que personne n'y croit déjà plus beaucoup, alors, à Ossian.
Voici donc un pur morceau d'invention lyrique qui vient, en pleine période révolutionnaire, secouer notre langue, et l'agrandir. Et comment serions-nous insensibles – quand le monde celte, qui a voulu rester en dehors de l'aventure de l'écriture, vient enfin reprendre sa place dans nos mythologies personnelles ?
La grandeur d'Ossian, c'est cette invention dans l'écriture.
 
FB
Couverture : Le Songe d'Ossian, par Ingres (détail).

Comme ce texte est singulier. Le monde celtique se découvre, et même, plutôt, il s'invente. Tout le monde britannique vibre aux poèmes que Mc Pherson a traduit du barde Ossian, tout droits venus du 2ème siècle.
L'épopée est majestueuse, à la fois cruelle et pensive. Elle est baignée d'amours sauvages, de vents et de mer. Les noms sont merveilleux, et le merveilleux lui-même pas bien loin, avec tout l'espace des légendes auprès.
D'autres complèteront la redécouverte de McPherson, dont un certain John Smith. En France, c'est la révolution. On a besoin de prose épique. C'est un livre qui m'est cher, an VII de la République, que ces premières traductions – longs poèmes en prose – de McPherson.
Et Chateaubriand... Il a vingt ans, il est exilé à Londres. Son oeuvre est à venir, avec le voyage d'Amérique qui sera si décisif. Il aura donc manqué une occasion, l'épopée d'Ossian étant déjà célèbre, et traduite ?
C'est faire bon prix de son génie à lui. Il prend John Smith, et voyez sa préface : l'important, c'est ce dont on rêve, quand on lit Ossian. Ce sont les images qui nous traversent, et les espoirs, et les sensations. Alors, on a légitimement le droit de s'approprier Ossian, de le réécrire. De fabriquer notre légende en prose.
Et ce d'autant plus que personne n'y croit déjà plus beaucoup, alors, à Ossian.
Voici donc un pur morceau d'invention lyrique qui vient, en pleine période révolutionnaire, secouer notre langue, et l'agrandir. Et comment serions-nous insensibles – quand le monde celte, qui a voulu rester en dehors de l'aventure de l'écriture, vient enfin reprendre sa place dans nos mythologies personnelles ?
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JEUNES ET VOCATIONS n°90 : Former une Eglise qui appelle - II - Puiser aux sources de l'appel

JEUNES ET VOCATIONS n°90 : Former une Eglise qui appelle - II - Puiser aux sources de l'appelby J.-M. LAUNAY (prêtre) directeur de la publicationIMPRIMERIE GRAPHIQUE DE L'OUEST

79 pages. Texte sur deux colonnes.

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Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?: puiser dans le terreau autobiographique, découvrir son propre chantier utopique

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?: puiser dans le terreau autobiographique, découvrir son propre chantier utopiqueby Sarah Cillairepublie.net

Dans le travail de préparation de Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, souvent pensé au W de Georges Perec. De toute façon, après W, plus question de pratiquer l'autobiographie naïvement, ou comme si la leçon ne nous avait pas été donnée : c'est le chemin vers le secret autobiographique qui donne sa densité au récit, et son architecture au texte.
Si les incidents ou l'arbitraire de la biographie nous conduisent à un texte accidenté, est-ce que ce n'est pas cela d'abord qu'il faut alors se donner comme contrainte – sinon comme expérience – littéraire ?
Ainsi, dans Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, les vitesses de récit changent constamment. Un instant peut devenir une époque: ainsi, ce mariage contracté avec un Russe qui ne reparaît pas. Ainsi, cet échouage provisoire dans une ville de l'est canadien pour un colloque universitaire. Ainsi, ce lent dépli de l'enfance avec curieux ballet des mères, et ce qui s'ensuit d'obscurité pour les enfants en trimbale, obscurité dont on comprend bien que la narratrice l'affronte par ce récit, plutôt que ce qui la provoque.
On écrit avec de soi, disait Roland Barthes. L'autobiographie est une traversée. On y puisse, dans ces instants incontournables par leur densité. Mais le matériau de l'explication surgit sans qu'on sache: une plaque émaillée parce que Verlaine a vécu dans cette maison; les menus de la cantine du collège, détaillés comme s'ils expliquaient tout de la violence par ailleurs faite, la mutité d'un proche.
Et cela n'empêche pas de brasser une histoire bien plus large que soi, où interviennent les émissions de la télévision des années 70-80, la fin du Parti communiste, les logements de fonction de l'éducation nationale, et le corps à construire de ces enfants mis arbitrairement hors de la structure familiale qui sert de modèle à la société – faites avec.
Sarah Cillaire parle d'un "chantier qui serait une partition, une redistribution de la mémoire et de la voix en fonction des lieux", Elle dit : chantier ouvert, destiné à être retourné, redessiné, élargi de façon cumulative". Et c'est peut-être ici le défi littéraire: on nous invite dans le chantier même, avec ces éléments comme tombés durement sur le sol vie, et qui nous sont autant d'énigmes coupantes, trop dures ou lourdes pour être déplacées, et c'est pourtant là qu'est l'expérience d'écriture.
Celles et ceux qui suivent le blog de Sarah Cillaire, Séries, ...

Dans le travail de préparation de Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, souvent pensé au W de Georges Perec. De toute façon, après W, plus question de pratiquer l'autobiographie naïvement, ou comme si la leçon ne nous avait pas été donnée : c'est le chemin vers le secret autobiographique qui donne sa densité au récit, et son architecture au texte.
Si les incidents ou l'arbitraire de la biographie nous conduisent à un texte accidenté, est-ce que ce n'est pas cela d'abord qu'il faut alors se donner comme contrainte – sinon comme expérience – littéraire ?
Ainsi, dans Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, les vitesses de récit changent constamment. Un instant peut devenir une époque: ainsi, ce mariage contracté avec un Russe qui ne reparaît pas. Ainsi, cet échouage provisoire dans une ville de l'est canadien pour un colloque universitaire. Ainsi, ce lent dépli de l'enfance avec curieux ballet des mères, et ce qui s'ensuit d'obscurité pour les enfants en trimbale, obscurité dont on comprend bien que la narratrice l'affronte par ce récit, plutôt que ce qui la provoque.
On écrit avec de soi, disait Roland Barthes. L'autobiographie est une traversée. On y puisse, dans ces instants incontournables par leur densité. Mais le matériau de l'explication surgit sans qu'on sache: une plaque émaillée parce que Verlaine a vécu dans cette maison; les menus de la cantine du collège, détaillés comme s'ils expliquaient tout de la violence par ailleurs faite, la mutité d'un proche.
Et cela n'empêche pas de brasser une histoire bien plus large que soi, où interviennent les émissions de la télévision des années 70-80, la fin du Parti communiste, les logements de fonction de l'éducation nationale, et le corps à construire de ces enfants mis arbitrairement hors de la structure familiale qui sert de modèle à la société – faites avec.
Sarah Cillaire parle d'un "chantier qui serait une partition, une redistribution de la mémoire et de la voix en fonction des lieux", Elle dit : chantier ouvert, destiné à être retourné, redessiné, élargi de façon cumulative". Et c'est peut-être ici le défi littéraire: on nous invite dans le chantier même, avec ces éléments comme tombés durement sur le sol vie, et qui nous sont autant d'énigmes coupantes, trop dures ou lourdes pour être déplacées, et c'est pourtant là qu'est l'expérience d'écriture.
Celles et ceux qui suivent le blog de Sarah Cillaire, Séries, ...

Critique des sources où nous pouvons puiser une connaissance des idées de l'antiquité sur la vie future, au sujet d'un ouvrage de M. Ernest Vinet Questions relatives aux paradis profanes de l'Occident, par M. le Bon d'Eckstein

by Ferdinand EcksteinA. Leleux
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